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Nene ne sera pas pris entre le marteau et l’enclume

24 février 2015

Lorsqu'il déposera son Budget 2015, Monsieur le ministre Nhlanhla Nene saura qu'il peut être reconnaissant d’un grand nombre de faits. L'un d’entre eux étant qu'il dispose d’une excellente équipe de fonctionnaires à la Trésorerie nationale (Trésor public). Une équipe qui a donné à maintes reprises des conseils politiques cohérents, a travaillé sans relâche pour assurer un processus budgétaire inclusif et a cherché l’adhésion politique et technique à leurs choix budgétaires. Il s'agit d'une équipe dont le noyau est resté au Trésor public depuis la nomination du premier ministre des Finances d’une Afrique du Sud démocratique – Trevor Manuel. D’après ce que j'ai constaté, Nene dirige et complète l'équipe du Trésor de manière à assurer la cohérence et à apporter toutes les garanties nécessaires pour assurer que les deniers publics sont entre de bonnes mains.

Le deuxième fait dont Nene devrait s’estimer heureux est qu'il a un nom composé de quatre lettres, et non de dix comme le ministre des Finances grec – Varoufakis. Contrairement à Varoufakis, Nene ne sera pas pris entre le marteau et l'enclume quand il présentera le Budget 2015. Varoufakis est damné s’il abandonne les mesures d'austérité imposées par la troïka (l’UE, l’Allemagne et le FMI) et tout aussi damné s’il abandonne la promesse électorale de Syriza de renégocier les termes du plan de sauvetage de son pays. Les Grecs ne le tolèreront pas. La troïka ne le supportera pas. Et malheureusement, pour Varoufakis, ces deux parties se trouvent à des pôles opposés.

Le Ministre Nene dispose toujours de l’espace politique lui permettant de présenter un budget qui établit un équilibre entre les mesures d'austérité nécessaires, et l'augmentation des dépenses consacrées aux programmes favorisant la croissance. Cette liberté, cependant, n'est pas la seule différence entre Nene et Varoufakis. Nene a la souveraineté politique, tandis que Varoufakis ne l’a pas. Mais ce calme relatif, par rapport à la Grèce, ne devrait pas créer l'impression que l'Afrique du sud se trouve dans un espace budgétaire confortable, surtout lorsqu'on considère que la croissance économique est remaniée et que la perception des recettes a été stagnante. Une comparaison avec la Grèce ne justifie pas pour autant que l'Afrique du Sud baisse sa garde.

Il existe une troisième raison pour laquelle le ministre Nene devrait être satisfait. Il devrait être reconnaissant que ses prédécesseurs aient adopté une perspective à moyen-long terme sur la façon dont l'Afrique du Sud devrait financer ses priorités de dépenses considérables. Traiter la dette comme sacro-sainte constituait la première mesure nécessaire pour adopter une approche réfléchie de la gestion des finances publiques, permettant ainsi de comprendre comment les décisions qui sont prises aujourd'hui pour financer le budget grâce à l’emprunt ont un impact sur notre capacité de dépense future. La dette peut faire perdre à un pays une partie de sa souveraineté politique, à la manière de la Grèce et à l’instar des ménages qui perdent leur prise de décision financière au profit des banques, quand ils ne sont plus en mesure de servir leurs titres de créances.

Quand le ministre Nene prononcera son discours sur le Budget 2015, nous devrions également être reconnaissants s’il rend compte de manière réaliste de l'état de notre nation (économique), de nos succès, échecs et défis actuels. Nous devrions aussi nous estimer heureux si Nene nous donne l'assurance que le Trésor public l’a avisé que l’Afrique du Sud ne peut pas emprunter et dépenser sans compter pour parvenir à la prospérité. La Grèce a suivi cette voie d’emprunts et de dépenses à l’excès, et voyez où cette approche l’a menée.

Nene a un nom de famille en 4 lettres et non en dix, nous devrions tous en être reconnaissants.

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