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L’EAU, L’ASSAINISSEMENT ET L’HYGIÈNE POUR TOUS : DÉFIS ET POSSIBILITÉS

31 octobre 2017
Nana A Boateng
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L’accès aux besoins fondamentaux comme l’eau et l’assainissement reste l’un des principaux défis auxquels font face la plupart des Africains. Selon les estimations d’un examen de 18 pays africains, leurs pertes économiques dues à un mauvais assainissement s’élèveraient à 5,5 milliards USD par an – ce qui représente entre 1 et 2,5 pour cent du PIB des pays examinés (Banque mondiale, 2012). Les États membres ont réaffirmé, dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies, leur engagement à réaliser le droit humain à l’eau potable saine et à l’assainissement. L’Objectif de développement durable 6 vise à « garantir l’accès de tous à des services d’alimentation en eau et d’assainissement gérés de façon durable ». Le secteur de l’eau, l’assainissement et l’hygiène (EAH) porte essentiellement sur l’accès à l’eau potable, à l’assainissement de base et à de bonnes pratiques en matière d’hygiène, qui sont tous indispensables au développement humain.

Dans ce contexte, l’Initiative africaine concertée sur la réforme budgétaire (CABRI) accueillera un Dialogue sur les Politiques en novembre 2017 destiné aux fonctionnaires africains, portant sur les défis en matière de politiques et les possibilités d’améliorer l’optimisation des ressources dans le secteur EAH.

Quels sont les défis en matière de politiques ?

Il existe des inégalités importantes en matière d’accès aux services EAH entre les zones rurales et urbaines ainsi que des différences d’un pays à l’autre. L’assainissement rural est souvent le sous-secteur le moins prioritaire.   En milieu urbain, les défis du sous-secteur de l’eau sont souvent liés à la qualité des services et à la viabilité financière des prestataires de services (généralement des municipalités ou des services publics). Les problèmes communs structurels clés comprennent :

  1. Une multitude d’institutions ayant des mandats de prestation de services qui se chevauchent associée à de mauvaises pratiques de coordination ;
  2. La faible part budgétaire allouée par le gouvernement et la dépendance vis-à-vis des fonds de donateurs et des dépenses des ménages ;
  3. Les inégalités de prestation de services liées à l’accès (entre le milieu rural et le milieu urbain et entre les quintiles de richesse) et le fait que les pauvres paient souvent davantage les services et directement de leurs poches ; et,
  4. Le concept de l’optimisation des ressources (OR) qui est mal compris dans la plupart des secteurs est souvent lié à la performance du gouvernement local et des municipalités.
Pourquoi l’apport de fonds a amélioré les services EAH ?

La nécessité d’accorder la priorité à l’assainissement parallèlement à la fourniture d’eau potable de bonne qualité est de plus en plus admise. C’est parce que l’impact d’un assainissement amélioré sur les résultats de santé et autres avantages est évident. Par exemple, 25 pour cent de la charge de morbidité chez les enfants âgés de moins de 5 ans pourraient être évités en réduisant les risques liés à l’environnement – dont ceux qui découlent de services EAH insuffisants. Les maladies diarrhéiques sont à l’origine d’environ 10 pour cent de l’ensemble des décès d’enfants de moins de 5 ans.

La promotion de l’hygiène a longtemps été considérée comme l’une des interventions les plus rentables de la santé.

En quoi consiste la complexité institutionnelle ?
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La nature variée du secteur EAH souligne la nécessité d’une coordination et d’une communication efficaces. L’une des raisons pour lesquelles le secteur EAH est considéré comme un secteur unique est que dans la vision de prestation de services centrée sur les égouts, l’eau est considérée comme un intrant à un réseau et les eaux usées sont considérées comme un extrant. Cette vision des services peut être inappropriée dans de nombreux contextes et la répartition des rôles et des responsabilités entre les ministères, départements et agences n’est pas nécessairement une mauvaise chose, compte tenu de la nature diversifiée des fonctions du secteur. Toutefois, une telle répartition exige des pratiques de coordination exceptionnelles (par exemple, sous forme de rapports sectoriels annuels et d’examens sectoriels conjoints), des investissements dans des systèmes de suivi, des politiques claires mettant en place des mandats institutionnels et la résolution des domaines de chevauchement. Sans ces éléments, la fragmentation institutionnelle peut limiter les progrès. 

Moins d’un pays africain sur cinq confie entièrement les responsabilités de l’eau et de l’assainissement au même ministère. C’est le cas du Ghana, du Mozambique, de l’Ouganda, de la Zambie et, jusqu’à récemment, de Madagascar. Bien que l’attribution de l’eau et de l’assainissement au même ministère puisse contribuer à donner la priorité au secteur EAH, aucune structure institutionnelle idéale n’existe et il peut y avoir par ailleurs des raisons valables de répartir les responsabilités EAH entre plusieurs ministères. À cet égard, une bonne coordination et des rôles et responsabilités précis sont essentiels. 

Le Dialogue sur les politiques

Relever le défi de l’accès universel s’avère décourageant et nécessite d’importants investissements en capital. L’accroissement des niveaux de services EAH implique souvent un investissement accru par habitant dans une technologie plus sophistiquée, et ce, de manière graduelle. L’adoption d’une approche progressive de l’extension des services permettra d’assurer l’accès universel tout en augmentant les niveaux de services. Voilà quelques-unes des questions qui seront inscrites au programme du prochain Dialogue de CABRI sur les Politiques relatif à l’optimisation des ressources dans le secteur EAH. Une quarantaine de fonctionnaires de 15 pays africains se réuniront à Accra, les 7 et 8 novembre 2017afin de partager leurs expériences et de tirer des enseignements les uns des autres sur les défis institutionnels et de politiques ainsi que sur les options de financement du secteur EAH.

Ce blog met en exergue certains des points clés présentés dans le projet de compte-rendu principal du prochain Dialogue sur les Politiques. Pour toute question à ce sujet, veuillez contacter, Nana A Boateng, Responsable de programme du Secrétariat de CABRI.

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