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GFP blog

L’unité pour l’Afrique

29 juillet 2026
Dr Kay Brown

Partout dans le monde, les tensions diplomatiques se sont intensifiées, avec des répercussions dévastatrices pour l’Afrique et ses finances publiques. Sur le continent africain également, les guerres et les conflits persistent, surtout dans les États fragiles. La solidarité panafricaine repose sur la confiance des citoyens et sur la préservation de la souveraineté des États.

La liberté de circulation dont jouissent les personnes, celle de voyager, de résider et de travailler au sein d’un pays, est indissociable de la nécessité de la croissance économique et du développement économique. Cette nécessité pourrait susciter un large éventail de réponses géopolitiques, allant de l’intégration régionale à l’isolationnisme national.

Au cœur des crises de xénophobie et des autres formes de discrimination politique systémique se trouve souvent l’incapacité à fournir des services publics de qualité dans des domaines tels que la santé et l’éducation, à réduire le chômage et la corruption, ainsi qu’à garantir l’efficacité des systèmes de maintien de l’ordre et la sécurité des populations. Faire des personnes originaires d'autres pays ou d’autres cultures des boucs émissaires ne résout pas les problèmes socio-économiques et institutionnels fondamentaux. Cela entraîne en revanche d’autres problèmes et coûts, tels que les déplacements de population et le rapatriement d’urgence des citoyens.

La vision de CABRI est la suivante :

Un continent africain où les ressources financières publiques sont mobilisées et gérées de manière transparente et responsable afin de favoriser une prestation de services efficace et efficiente, une croissance économique durable et le développement.

La mission de CABRI est de donner aux gouvernements africains les moyens d’agir. Notre action reste résolument axée sur l’amélioration des systèmes, des politiques et des pratiques de gestion des finances publiques (GFP), afin de contribuer à résoudre les difficultés liées à la prestation des services publics.

Ce trimestre a marqué une étape importante dans plusieurs domaines d’intervention et a constitué une excellente occasion de faire le point sur les progrès accomplis dans le renforcement de notre appui aux pays. La Phase II du Projet Régional d’Appui Institutionnel à la Gouvernance des Finances Publiques (RISPFG) de la Banque Africaine de Développement (BAD) est désormais arrivée à son terme après quatre années de mise en œuvre. Il convient de souligner que les évaluations réalisées par les participants font état d’importants progrès en matière de renforcement des capacités dans le cadre des 20 activités financées par la BAD, auxquelles ont participé environ 779 responsables publics : 94,6 % des personnes interrogées ont déclaré avoir acquis de nouvelles connaissances pertinentes pour leurs fonctions, 96,2 % ont jugé les contenus adaptés à leurs besoins professionnels et 96,9 % des participants ont confirmé avoir acquis de nouvelles compétences.

Alors que nous entamons les négociations pour une phase de succession, nous sommes fiers des résultats accomplis par une équipe restreinte dans un délai relativement court :

  • Huit équipes-pays — Bénin, Côte d’Ivoire, Guinée (à deux reprises), Kenya, Lesotho, Maurice et Nigéria — ont achevé le programme complet de 12 mois de Renforcement des compétences en finances publiques (RCFP). Ces équipes ont conduit des réformes visant à résoudre des problèmes identifiés localement dans les domaines de l’investissement public et de la dette souveraine. Le programme RCFP a également permis de générer des changements crédibles et concrets sur le terrain. D’après les entretiens menés sur le terrain, la Guinée a amélioré l’exécution budgétaire dans les secteurs prioritaires, tout en rattrapant cinq ans de retard dans l’adoption des lois de règlement. Maurice a institutionnalisé un suivi et un contrôle plus réguliers, itératifs et adaptatifs des dépenses d’investissement dans l’ensemble des ministères. Des changements similaires dans les pratiques ont également été confirmés au Lesotho, au Nigéria et au Kenya. Ce programme a également permis de mobiliser des financements supplémentaires auprès de partenaires tels que le Fonds mondial et l’UE-BMZ, qui ont tous deux étendu les approches et méthodologies de CABRI à de nouveaux domaines d’intervention.
  • Quatre dialogues de politique publique ont porté sur des enjeux budgétaires majeurs, à savoir : le renforcement d’une gestion durable de la dette publique et de la résilience face au changement climatique ; la gestion des passifs éventuels dans un environnement budgétaire de plus en plus complexe ; le renforcement de l’autonomie des établissements de santé afin d’améliorer la réactivité des services de santé locaux ; et l’adoption d’une approche axée sur la valeur dans le secteur agricole pour favoriser la croissance économique et l’emploi des jeunes.
  • Les produits de connaissance de CABRI ont continué à éclairer les pratiques budgétaires fondées sur des données probantes :
    • Le Moniteur de la dette en Afrique a couvert 17 pays et nous avons organisé diverses activités d’échange au sein du réseau des gestionnaires de la dette publique.
    • La base de données Budgets en Afrique a été mise à jour et élargie pour inclure 52 pays. Par ailleurs, un outil pilote d’extraction fondé sur l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique a été mis en place, améliorant considérablement la rapidité et l’efficacité d’accès, de comparaison et d’analyse des documents budgétaires, des tendances en matière de dépenses et des trajectoires d’assainissement budgétaire sur tout le continent.
    • L’Enquête 2025 sur les pratiques et les procédures budgétaires a fourni des informations précieuses sur l’évolution des processus budgétaires nationaux au fil des années et sur leur capacité à produire des résultats budgétaires satisfaisants.

Le soutien de la Fondation Gates apporté au programme GFPn est arrivé à son terme après deux années de mise en œuvre. La phase II du programme GFPn a marqué l’aboutissement de notre programme de réforme numérique. Grâce à la réalisation de récits vidéo consacrée aux expériences nationales de réforme numérique de la gestion des finances publiques, CABRI a développé un outil d’apprentissage entre pairs qui met en lumière à la fois les aspects techniques de la réforme (notamment la gestion des finances publiques et les technologies de l’information) ainsi que les aspects liés à la gestion des ressources humaines dans la mise en œuvre de ces réformes numériques. Ces récits sont complétés par divers produits de connaissance, notamment une note de politique et plusieurs blogs, qui mettent en évidence des enseignements importants dont la portée s’étend bien au-delà du cadre des ateliers et événements de formation.

Principales réalisations :

  • Trois pays sélectionnés ont présenté des récits détaillés de leur parcours concernant la réforme de la gestion numérique des finances publiques (GFPn) : le Kenya, le Rwanda et le Libéria. Chacun a démontré sa capacité à développer des innovations locales et des solutions concrètes pour répondre à des défis structurels de longue date.
  • S’appuyant sur ces récits, CABRI a organisé un atelier régional d’apprentissage entre pairs intitulé « La GFPn en action », réunissant des responsables publics de 16 pays, des représentants de la société civile, du monde universitaire et des partenaires techniques et financiers.
  • L’atelier a permis d’enrichir la documentation sur les réformes numériques de la gestion des finances publiques dans les pays francophones et anglophones, illustrant la diversité des approches. Parmi les exemples présentés figuraient le système intégré de gestion des finances publiques (SIGFP) du Bénin, la budgétisation axée sur les programmes en Côte d’Ivoire, la modernisation du recouvrement fiscal en Centrafrique et les réformes relatives à la dématérialisation des achats publics en Afrique du Sud. Les expériences du Malawi et du Ghana ont également mis en évidence les risques liés à une dépendance excessive à l’égard des technologies importées, renforçant ainsi la nécessité de concevoir des solutions adaptées aux réalités locales.

Ces résultats témoignent de la solidité de l’approche institutionnelle du réseau de CABRI et réaffirment notre engagement en faveur de méthodes d’apprentissage entre pairs, ancrées dans les réalités locales, qui renforcent le lien entre les compétences en gestion des finances publiques (GFP) et l’amélioration de la prestation des services publics. Cette approche a contribué à renforcer la redevabilité des gouvernements, à améliorer l’efficacité de l’action publique et à promouvoir une croissance inclusive. Elle positionne ainsi résolument CABRI comme un acteur de référence à l’échelle continentale dans le renforcement de systèmes de finances publiques transparents, performants et résilients.

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